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Lundi 1er Décembre 2008, Ste Florence
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Articles de la rubrique "DOSSIER : Comment réussir en médecine ?"
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LA 1° ANNEE DE MEDECINE DEPOUSSIEREE

Cela faisait longtemps que l'on en parlait, Jean-François Bach l'a fait. Le secrétaire perpétuel de l’académie des Sciences a remis le 21 février 2008 son rapport sur la réforme de PCEM 1 (la première année de médecine) à Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, et à Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé. Celles-ci ont étonné en déclarant vouloir appliquer certaines propositions dès la rentrée 2008 ! Trop ambitieuses ?

Réorientation d'office en dessous de 07/20 aux premiers examens

Parmi les recommandations qui font le plus de bruit figure la réorientation, dès le mois de janvier, des étudiants qui ont eu moins de 07/20 aux premiers examens. Il leur serait proposé une réorientation vers la première année de licence sciences. Les étudiants concernés pourraient se présenter à nouveau aux concours après avoir validé deux années de licence en sciences et s’être remis à niveau. Cette possibilité serait également offerte aux étudiants qui auraient eu des résultats insuffisants aux examens terminaux de la première année.
Autre proposition : faire valider la première année pour les étudiants ayant eu la moyenne (10/20) mais n’ayant pas été reçus aux concours afin de leur permettre une poursuite automatique d’études vers d’autres filières.

Un deuxième concours à titre expérimental

Le reste des recommandations retenues sont plus "basiques". Il s'agit de renforcer l’information des lycéens sur les études de médecine, de développer le tutorat et d'ouvrir de nouvelles possibilités pour suivre ou reprendre des études médicales. Des idées auxquelles tenait notamment l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France)...
Plus original : les titulaires d’un bac littéraire, ES ou technologique, se verrait ouvrir à "titre expérimental" un deuxième concours et la mise en place d’enseignements spécifiques de remise à niveau en deuxième année. A voir...

 MEDECINE : AVEZ-VOUS LE PROFIL ?

Ne réussit pas les études de médecine qui veut, surtout la première année. Même si tout est possible à un concours, les statistiques jouent en faveur d’un certain profil de candidat.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus : année après année, c’est la même rengaine… La sélection à l’issue de PECM 1 (première année du premier cycle médical) est toujours aussi sévère, voire plus encore. Car si le nombre de places au concours augmente régulièrement (on est passé de 5 100 en 2003 à 7 100 en 2007), l’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblit pas non plus.
« Je ne supporte pas d’entendre dire que les études sont devenues faciles ! tempête Virginie Prade, présidente de l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). En 2007, pour 100 places de plus offertes par le ministère de la Santé, ce sont 3 000 candidats supplémentaires qui se sont présentés », explique-t-elle. À la rentrée 2006, 44 660 jeunes étaient ainsi inscrits en PCEM 1. Près de 16 % d’entre eux ont franchi ce cap, soit un sur six.

Difficile de réussir sans Bac S

Difficile de faire partie des heureux élus ? Oui, assurément. Mais pas impossible si vous ­suivez le guide de survie de l’étudiant en PCEM 1 (lire : « L’obstacle de la première année ») et si vous correspondez à un certain profil d’élève.
Si, en théorie, n’importe quel lycéen peut s’inscrire en médecine, 93 % des étudiants de première année en 2007 étaient issus de la filière S. Ce pourcentage s’élève à 99 % en deuxième année. Pour accroître leurs chances, les non-scientifiques peuvent se réfugier dans une fac plus axée sur les matières médicales (biologie cellulaire, embryologie, physiologie, anatomie, etc.) et les sciences humaines (histoire de la médecine, éthique, psychologie sociale, démographie médicale…), comme Paris 11 (Kremlin-Bicêtre), Paris 13 (Bobigny) ou Paris 12 (Créteil). À Créteil, les sciences dures (chimie, biophysique, statistiques) ne représentent qu’un quart du programme, contre plus de 50 % de matières médicales et 20 % de sciences sociales.
À l’inverse, Paris 5 (Descartes) est réputée très matheuse… Le programme varie ainsi d’une faculté à l’autre, conséquence du fait que chaque établissement est libre d’organiser son enseignement pendant les deux premières années du cursus.

Une mention au Baccalauréat : insuffisant

Si avoir le bac S en poche est fortement recommandé pour se lancer dans des études de médecine, en revanche, aucune spécialité n’est conseillée en particulier. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, choisir les SVT (sciences de la vie et de la Terre) n’apporte aucun bonus : à la fac, la géologie n’est pas inscrite au programme, et tout ce qui touche à la biologie est repris depuis le début.
Question mention, il faut reconnaître que les statistiques jouent en faveur des bons élèves. Les titulaires d’une mention passable représentent en effet la moitié des inscrits en première année… mais seulement 15 % des élèves de deuxième année. Pas de panique pour autant ! En PCEM 1, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc « remis à zéro ». Certains élèves, lassés du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université. « Le concours reste accessible si on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en terminale », prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste remplaçant et créateur du site www.remede.org.

Une motivation à toute épreuve

Les études de médecine vous demanderont une excellente mémoire, de l’organisation, une grande résistance (au stress, aux rythmes infernaux), une prise de recul par rapport à la mort et, plus que tout, de la motivation. De nombreux étudiants échouent parce qu’ils ont choisi cette voie par défaut, sans avoir de réel projet, ou par méconnaissance du cursus.
En cas d’échec en PCEM 1, vous avez la possibilité de redoubler une fois (et une seule, sauf dérogation). Un mal pour un bien… En effet, selon le rapport Debouzie – une référence qui date de 2003 –, le taux de réussite des redoublants pour médecine et dentaire est de 35,9 % en moyenne, un chiffre quatre fois supérieur au taux de réussite des primants, évalué à 8,6 %. Au final, si le taux de succès en PCEM 1 s’établit chaque année à 16 % (soit 7 100 places rapportées à 44 660 étudiants inscrits), chaque étudiant a, en moyenne, 26 % de chances de réussir (7 100 places rapportées à 27 400 entrants chaque année). Néanmoins, ne misez pas sur les deux ans pour réussir le concours, sous peine de courir à l’échec ! Le rapport Thuillez de juillet 2006 montre ainsi que pour plus de 90 % des candidats, le résultat obtenu au concours la seconde fois était prévisible dès la première. Accrochez-vous dès le début !

Bon à savoir : Chaque université publie son programme complet de PCEM 1 sur son site Internet.

LE LEXIQUE DE LA PCEM 1

Carabin : Ce mot désignait déjà l’élève chirurgien en 1650. Depuis 1800, il qualifie d’une façon plus large l’étudiant en médecine.
Carré ou P1² : Etudiant de première année qui redouble.
Colle : Interrogation permettant de se préparer à l’examen.
Corpo : Abréviation de l’association corporative, soit l’association des étudiants de votre faculté. Certaines ont un site Internet bien pourvu avec forums, annonces, informations diverses.
Écuries : Prépas privées au concours de PCEM 1 (Médisup Sciences, Epsilon, etc...).
Faluche : Coiffe traditionnelle des étudiants qui remplace la toque du Moyen Âge. C’est un béret noir orné d’un ruban de velours rouge et d’insignes.
Numerus clausus : « Nombre restreint » en Français. Désigne le nombre d’étudiants de PCEM 1 autorisés à poursuivre leurs études en deuxième année de médecine. Fixé chaque année par un arrêté ministériel, il a été instauré en 1971 pour réguler le nombre de médecins et les dépenses de la Sécurité sociale. Il existe également un numerus clausus dans d’autres formations de santé (odontologie, sage-femme, pharmacie, etc...).
P1 ou PCEM 1 : Première année (1) du Premier Cycle d’Etudes Médicales. Un examen classant en 2 parties a lieu en Janvier et en Mai-Juin. Sauf dérogation, un seul redoublement est autorisé en P1.
Primant : étudiant de première année inscrit pour la première fois.

MEDECINE : NEUF ANS DE SOLITUDE

Longue est la route qui mène au serment d’Hippocrate… De la PCEM 1 au titre de docteur, cours, travaux pratiques, stages et examens alternent pendant neuf ans au minimum.

Les études de médecine ne se résument pas à la PCEM 1. Mais il faut bien commencer par là… Cette première année est aujourd’hui commune aux futurs médecins, dentistes, sages-femmes, mais aussi aux masso-kinésithérapeutes et ergothérapeutes dans certaines universités. Elle se conclut par un concours, lui aussi commun, qui se déroule en deux sessions : en Janvier et en Mai-Juin. Les étudiants suivent une vingtaine d’heures de cours magistraux et de travaux pratiques par semaine (comptez au moins le double de travail personnel). Si vous êtes reçu, vous ferez vos premiers pas à l’hôpital : un stage infirmier d’un mois est prévu en été pour découvrir des soins comme la prise de sang.

Pas de répit pour les externes

Vous pensez pouvoir ensuite vous relâcher ? Pas question ! La deuxième année de premier cycle (PCEM 2) et la première année de deuxième cycle (DCEM 1), fortement liées, se révèlent fondamentales. « On approfondit les bases théoriques de la première année, et la pratique devient de plus en plus présente. On passe une demi-journée par semaine en stage à l’hôpital sous la responsabilité d’un chef de service », indique Virginie Prade, présidente de l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France).
À partir du DCEM 2 et pendant trois ans, les étudiants dits « externes » apprennent l’exercice direct de la médecine (établir un diagnostic, expliquer aux patients leur maladie, argumenter un traitement, etc.). La formation, découpée en modules « transversaux » (c’est-à-dire interdisciplinaires) ou « d’organe », porte sur les différentes pathologies. Les externes passent en stage (rémunéré) dans plusieurs services et doivent réaliser 36 gardes. Dans leur ligne de mire : l’ECN (examen classant national) ou ex-concours de l’internat. Le DCEM 4 est en grande partie consacré à sa préparation. À noter : le deuxième cycle est sanctionné par un diplôme, l’équivalent de l’ancien CSCT (certificat de synthèse clinique et thérapeutique).

De trois à cinq ans d’internat

Trois épreuves de trois heures composées de trois dossiers diagnostiques et thérapeutiques transversaux à traiter : tel est l’ECN. Cet examen mis en place en 2004 conditionne l’accès des étudiants au troisième cycle. Tous les externes doivent donc le passer… En juillet, les résultats tombent. Les candidats obtiennent leur rang de classement. En fonction de celui-ci et des postes disponibles, ils choisissent une affectation (c’est-à-dire un lieu de formation) et une spécialité parmi les 11 proposées (lire : « Après l’ECN, le choix d’une spécialité »). Les insatisfaits peuvent retenter leur chance en première année de troisième cycle pour être réaffectés. Le nombre de passages à l’ECN n’est pas limité, mais un même étudiant ne peut participer que deux fois à la procédure d’affectation.
L’internat dure ensuite de trois à cinq ans selon les spécialités. Les études, rémunérées, se composent principalement de longs stages. À la clé : un DES (diplôme d’études spécialisées) dans une discipline choisie durant le cursus. Pour obtenir le titre de docteur en médecine, les internes doivent enfin soutenir une thèse et prononcer le serment d’Hippocrate.

Où en sont les réformes ? Séparation des concours (médecine, odontologie, sage-femme et pharmacie) en fin de PCEM 1, interdiction de redoubler avec une moyenne inférieure à 06/20, introduction du LMD (licence, master, doctorat), sélection en fin de terminale sur certaines notes du bac et un oral, etc. : tous les projets de réforme des études médicales — à part dans le supérieur français — sont au point mort… Le gouvernement Fillon accélérera-t-il les choses ?

Bon à savoir : Au 6 juillet 2006, la rémunération annuelle brute des externes s’élevait, hors gardes (25,26 € pour un jour ou une nuit) à :
- 1 492,93 €  en DCEM 2
- 2 895,98 €  en DCEM 3
- 3 235,66 €  en DCEM 4

L'OBSTACLE DE LA 1° ANNEE

Sans réussite au PCEM 1, pas de carrière médicale. Pour franchir cette étape clé, tout compte : les méthodes de travail, la motivation, l’assiduité, mais aussi le choix de sa fac.

De nombreux facteurs entrent en ligne de compte dans la réussite (ou l’échec) d’un étudiant en première année de premier cycle. Sa formation, ses capacités de travail, sa motivation, son choix de fac : plus ou moins scientifique, plus ou moins sélective… En effet, quand on compare les taux de sélectivité des universités, on s’aperçoit qu’il existe une très grande disparité entre elles. Si Besançon affiche 21,7 % de reçus, Aix-Marseille 2 en déclare seulement 12,1 %. Ce qui signifie qu’un étudiant recalé à Marseille aurait pu être admis à Besançon…
Pourquoi certaines facs recrutent-elles plus « large » ? À quoi doit-on ces écarts ? D’abord à l’attractivité des régions et aux besoins locaux en médecins. Or le Sud-Est de la France est déjà bien pourvu en praticiens. Idem pour Paris (15,8 % de reçus en moyenne) et Toulouse (13 %). En revanche, on constate une pénurie dans le Nord de la France (18,9 % de reçus à Amiens) et dans des régions moins peuplées comme la Franche-Comté.
Autre facteur d’explication : la réputation des établissements. Certaines facs sont moins prisées que d’autres. « Par exemple, à Paris, les facultés du centre-ville sont plus recherchées que les “périph” comme Créteil et Bobigny, constate Bruno, externe à Paris 5-Descartes. Il y a toujours des personnes qui se basent sur les classements des hôpitaux publiés dans la presse pour choisir… Ils ne comprennent pas qu’un bon hôpital pour les patients n’est pas forcément un bon hôpital pour les étudiants », ajoute-t-il.

Stratégie géographique

Dans ces conditions, opter pour une fac où l’on a plus de chances de réussir est tentant… Mais peut-on s’inscrire n’importe où ? Ça dépend… Les Franciliens ont l’opportunité de choisir entre trois UFR (unités de formation et de recherche) dans les académies de Créteil, Paris et Versailles. Ils doivent simplement en faire la demande au SADEP (Service d’affectation des étudiants en PCEM 1, 47, rue des Écoles, 75230 Paris, tél. 01.40.46.21.92) après les résultats du bac. S’ils souhaitent s’inscrire en région, les choses se compliquent un peu puisqu’ils doivent adresser une lettre de motivation au doyen de l’université visée.
De leur côté, les lycéens de province qui veulent étudier à Paris doivent demander une inscription en retirant un dossier au SADEP, comme les Franciliens. Mais étant donné le nombre de candidats, certaines académies refusent les jeunes non sectorisés… Du reste, l’année de PCEM 1, difficile, ne constitue pas forcément la meilleure occasion pour quitter le cocon familial. Mieux vaut être bien entouré et éviter de perdre son temps avec des tâches ménagères… En outre, selon l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France), la distance maison-fac devrait être un critère de choix bien plus important que la sélectivité. « Une ou deux heures de transport par jour, c’est fatigant. C’est ça qui joue sur le résultat », affirme Clément Lazarus, le vice-président chargé de la communication de l’association.

PALMARÈS  2007

Les universités classées selon leur taux de réussite (%) en P1

RANG UNIVERSITES EFFECTIFS EN 1° ANNEE TAUX DE REUSSITE (en %)
1 Nouvelle- Calédonie 26 26,9
 2  Besançon 659 21,7
 3  Lille (Faculté libre) 438 21,0
 4  Caen 819 19,5
 5  Clermont-Ferrand I 832 19,3
 6  Nantes 952 19,0
 7  Amiens 909 18,9
 8  Tours 1 058 18,5
 9  Angers 764 18,3
 10  Limoges 718 17,8
 11  Brest 760 17,6
 12  Rennes I 977 17,4
 13  Paris XI 818 17,2
 14  Lille II 2 436 16,9
 15  Reims 992 16,8
16 Paris VII 2 099 16,7
 17  Bordeaux II 2 163 16,4
  17   Paris V 2 333 16,4
 17  Saint-Etienne 754 16,4
 20  Poitiers  1 043 16,1
 21  Nice 865 16,0
22 Paris VI 2 134 15,8
 23  Rouen 1 189 15,8
 24  Nancy I 1 699 15,6
 25  Paris Ile-de-France Ouest 802 15,6
 26  Paris XII 1 006 15,4
 27  Lyon I 2 723 15,3
 28  Dijon 1 194 15,0
 29  Corse 134 14,9
 30  Strasbourg I 1 607 14,9
 31  Polynésie française 87 13,8
 32  Montpellier I 1 678 13,6
 33  Paris XIII 934 13,6
 34  Grenoble I 1 262 13,4
 35  Toulouse III 2 006 13,0
 36  Antilles-Guyane 595 12,9
 37  Aix-Marseille II 2 843 12,1
 38  La Réunion 352 09,1
MOYENNE NATIONALE 15,9 %

Calcul en fonction du numerus clausus 2007 et des effectifs universitaires de PCEM1 - source : DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance). A noter, certaines universités qui apparaissent ici regroupent plusieurs facultés : par exemple, Paris 6 comprend Paris Pitié-Salpêtrière et Paris Saint-Antoine.

 
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